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Work in progress

Où en suis-je de mon projet de roman ? Bonne question. Actuellement, je termine la relecture d'une  nouvelle de 47 pages (65512 caractères espaces compris) pour un concours de nouvelles organisé par The Otherlands sur le thème "The Otherlands by Castlight", dans le genre fantastique sombre. L'histoire doit se dérouler au 19ème siècle, avec le descriptif suivant :

"Le XIXè siècle renvoie l’image d’une époque de grands changements. L’industrie et la science progressent à grands pas, tirant le monde vers un nouvel âge d’or. Mais à côté de ce phare éclairant l’humanité rôdent toutes sortes d’horreurs : conflits sanglants, montée des nationalismes, colonialisme, développement de l’occultisme, créatures indicibles… A la lumière des réverbères, quels mystères nous entourent donc ?"

Il n'y a pas de limite de taille, donc j'en ai profité pour rédiger une longue nouvelle, une novella. Elle comporte sept chapitres, structurés à la façon d'un film avec des flashbacks (on dit "analepses" pour les textes) et des aller-retours entre les époques. Un de mes primo-lecteurs a comparé cela à un film de Tarentino, non pas mon récit (il ne faut pas exagérer), mais l'utilisation de cette technique, qu'on appelle dans le jargon une "narration non linéaire". Je ne savais pas que cela s'appelait ainsi avant de le chercher sur Internet (ce que vous faites peut-être en ce moment...), mais j'avais envie de raconter mon histoire de cette manière pour créer une émotion particulière à la fin, non pas une "révélation" mais une meilleure compréhension de l'histoire, un approfondissement et une sorte de nostalgie, car le dernier chapitre... sera un épisode qui se passe au début de l'histoire, un peu comme si on s'apercevait qu'à la fin tout était déjà écrit. Ce qui, d'un point de vue littéral, est effectivement le cas.

Je n'ai pas réalisé un plan très détaillé mais j'avais mis au propre la structure des chapitres. Ce serait très clair dans un film, j'espère que cela le sera également à la lecture. Au début, j'avais donné un numéro de chapitre qui correspond à l'ordre chronologique (on commençait pas le chapitre 5...), mais l'un de mes primo-lecteurs a vomi, alors je les ai remplacés par des dates, un peu comme dans une série policière qui sous-titre : "New York, 31 juillet 2015, 00:54, ta-tam", sauf que dans ma nouvelle, il n'y a pas de ta-tam.

La loi et l'ordre, c'est eux !

J'ai effectué quelques recherches sur le 19ème siècle avant d'écrire, mais j'ai aussi fait d'autres recherches pendant l'écriture. Par "recherches", j'entends des lectures de contes chinois (vous saurez pourquoi en lisant ma prose si je suis publié), de recherches historiques dans des livres ou sur Internet, de recherches de vocabulaire, de synonymes, mais aussi de recherches topographiques (ma nouvelle se déroule à Bordeaux, à Marseille et à Nantes) et iconographiques :

  • Nantes à la Belle Epoque de Monique Sclaresky
  • Un dernier tour en ville de Léon Jost
  • Investigations au 19ème siècle, Cthulhu 1890, un supplément pour jeu de rôles aux éditions Sans-Détour
  • Les merveilleuses voitures de la Belle Epoque, par Lionel Morris, paru aux éditions des Deux Coqs d'Or en 1969
  • Serpents et sortilèges, collectif aux éditions Picquier, avec une introduction d'Elisabeth Lemirre
  • Aux portes de l'enfer, récits fantastiques de la Chine ancienne, traduits du chinois et présentés par Jacques Dars, avec un avant-propos de Paul Martin
  • Mythologies et imaginaires du monde chinois par Catherine Bourzat
  • La revue Guerre d'Algérie et d'Indochine, Hors-Série n°1 (mai 2011)
  • Des cartes postales anciennes trouvées sur ebay
  • Le film 47 Ronin avec Keanu Reeves





Comme quoi, on ne cesse pas d'apprendre ! Je pourrais ajouter quelques maximes du genre "c'est en forgeant qu'on devient forgeron" et "de la quantité naît la qualité", mais ce n'est pas la même idée. En ecrivant une histoire qui se déroule aujourd'hui, en France, je m'éviterais bien toutes ces recherches mais ce serait moins drôle. J'avoue que j'aime apprendre et voyager par l'écriture. J'espère que mes lecteurs m'en seront gré.

Et le roman dans tout ça ? J'ai avancé sur mon projet de roman pour le Prix Nouveau Talent organisé par la Fondation Bougygues Telecom, mais j'ai été pris d'horribles doutes. J'étais parti sur un roman humoristique, je me suis demandé s'il était possible de faire rire un lecteur sur 200 pages sans le voir s'étrangler, s'asphyxier jusqu'à devenir tout bleu. Ce n'est pas pareil d'écrire des nouvelles humoristiques comme "Albert Cohen contre les méchants Qlipoths" paru dans la revue Gandahar n°4 (du très bon calibre, et je ne dis pas ça parce qu'il apparaît dans mon tableau de chasse). Les blagues les plus courtes sont les meilleures. Je me suis demandé également si j'avais envie d'écrire un roman humoristique, de voir mon premier long métrage qualifié de "rigolo". En réalité, si j'avais choisi l'angle humoristique, c'était que le thème du "courage" me posait problème, alors je l'ai tourné en dérision car c'est là quelque chose que je sais faire, dans lequel je me sens à l'aise hi hi ho ho je me poile (vous voyez le genre ?).

Je suis sans doute très critique envers moi-même, je manque peut-être de confiance en moi, d'assertivité et d'ego, je n'ai sans doute pas fait assez de selfies dans ma vie, mais voilà, j'ai des doutes, je suis humain, je peux le dire en toute confiance sur la toile puisqu'il n'y a pas grand monde qui me suit pour le moment (je te remercie pour ta fidélité, chère lectrice, tu diras à papa que je viens manger dimanche, j'amène une bouteille de whisky).

Si j'étais honnête envers moi-même, le thème du courage m'inspirerait plutôt l'endurance des poilus dans les tranchées, la foi du prêtre qui s'engage dans une vie d'abstinence, les risques pris par l'un de mes ancêtres pour affronter les partisans du tsar et partir refaire sa vie en France, il y a plus de 100 ans. Mais il y a déjà eu beaucoup de livres sur la première guerre mondiale, je ne suis pas sûr que l'histoire de cette vocation sacerdotale intéresse grand monde, et je ne me sens pas capable ici et maintenant d'écrire ce livre hommage que je devrai un jour à mes ancêtres.

C'est pourquoi j'ai fait une pause et j'ai écrit une nouvelle qui, vous vous en doutez, est plus sérieuse, une sorte de road-movie historique, avec de l'action, du rêve, du fantastique et une histoire d'amour. Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai eu besoin de 47 pages. Cela n'empêche pas des scènes drôles et des réparties amusantes - on ne se refait pas. Je vous aurais bien lu un extrait mais le règlement stipule :

"En envoyant ce texte, vous certifiez en être l'auteur et ne pas avoir publié ce texte dans un livre, dans un blog, dans un cloud, dans un texto géant, dans votre journal intime ni dans celui de votre grand-mère, et encore moins dans le blog de Danny Mienski."

Ceci dit, j'ai bientôt terminé la relecture, comme je disais en tête d'article, je vais donc me trouver démuni. La date limite pour l'envoi des textes a été repoussé d'un mois, au 31 août 2015 si vous êtes intéressé (le report est indiqué sur leur page facebook), mais je préfère l'envoyer vendredi, je l'ai déjà beaucoup relu, corrigé, amélioré, j'ai fait le tour, et puis ça sera fait, j'aurais l'esprit libre pour autre chose. Le roman ?

J'ai également vu un autre concours : un concours de roman jeunesse (entendez adolescents) organisé par RTL et Gallimard Jeunesse. Cette fois, on ne gagne pas un prix de 10 000 euros, mais une publication qui peut monter à 25 000 exemplaires, si je prends l'exemple du dernier lauréat, Christelle Dabos, pour son roman La Passe-Miroir (très beau site d'auteur, d'ailleurs !). Le concours demande 80 pages minimum, mais c'est un minimum puisque le livre précité pesait 528 pages au kilo. La littérature jeunesse se porte bien et les enfants qui lisent (il y a en !) n'ont pas peur d'avaler des centaines de pages au petit-déjeuner et dans demander encore. Ce sont de véritables ogres littéraires !




J'ai des idées pour les deux concours et pour d'autres romans, comme pour des recueils de nouvelles. Je ne sais pas quoi choisir, quoi écrire. D'ailleurs, c'est symptômatique, je ne sais pas non plus quoi lire. Ma PAL ne cesse de s'agrandir, les livres touchent le plafond, remontent dans le conduit d'aération, débordent sur le toit et retombent dans la rue. Si un livre vous tombe sur la tête, ne vous étonnez pas : vous êtes arrivés chez moi !

Sur ce, je vous dis bonne nuit les petits.


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