Accéder au contenu principal

Mon pari fou : 80 jours pour écrire un roman !

L'écriture vous démange ? La plume vous chatouille ? Le papier vous appelle ? Votre carnet s'ouvre tout seul sur une page blanche ? Votre stylo se met à écrire tout seul pendant que vous le regardez ? Votre libraire vous a confondu avec un auteur ? Ca y est, vous êtes touché vous aussi par le syndrome "Nouveau Talent" !

Et d'abord, de quoi s'agit-il ?

D'un concours de romans organisé par la Fondation Bouygues Telecom. Le Prix Nouveau Talent récompense une oeuvre originale. Son auteur ne doit jamais avoir été publié auparavant, qu'il s'agisse d'un roman, d'une édition à compte d'auteur ou d'un recueil de nouvelles à son nom propre. Comme je n'ai publié aujourd'hui que des nouvelles dans des anthologies, où mon nom côtoie celui d'autres auteurs amateurs, je fais partie du public cible de ce prix (je sais, j'ai vérifié).

Le jury est composé de l'écrivain Bruno Tessarech, des éditeurs de JC Lattès, des journalistes de Metronews, de collaborateurs Bouygues Telecom, de plusieurs clients, d'un bloggeur littéraire... et de vous mesdames messieurs ! Il sera possible d'intégrer le jury à partir de septembre 2015, on compte sur vous ! ;)

La Fondation Bouygues Telecom offre au lauréat un chèque de 10 000 euros, afin soutenir un écrivain prometteur et le dégager ainsi de ces terribles "contraintes matérielles" (Bouh! Mettez-les au fer ! Jetez-leur des pierres !). Les éditions JC Lattès publieront le roman lauréat et le journal Metronews, partenaire du concours, en assurera la promotion. Une belle façon de commencer sa carrière...

Pour participer, rien de plus simple : écrire un roman sur le thème du courage, en s'inspirant de cette citation de Jules Renard :

Le véritable courage consiste à être courageux quand précisément on ne l'est pas.

De nombreux genres littéraires sont acceptés par le jury, même si l'on observe que les textes retenus les années précédentes font plutôt partie de la littérature dite "blanche" ou littérature contemporaine, ce que les Américains appellent le "mainstream" ou courant principal. Rien ne vous empêche cependant de relever le défi dans un autre genre, à condition de vous adressser à large public.
Tous les genres romanesques sont acceptés : roman psychologique, roman d’amour, drame social, comédie de mœurs, roman policier, roman épistolaire, roman sous forme de journal intime, roman de science-fiction, à l’exclusion du fantastique, de la fantasy, des romans jeunesse, des récits documentaires et autobiographiques.
Le texte final doit comporter entre 250 000 à 400 000 signes, espaces compris, soit un bon 300 pages. La copie est à rendre pour... le 30 septembre 2015 !

Dans moins de 3 mois donc.

Clélie Avit effectuant sa première dédicace

Là, j'en vois certains d'entre vous jeter l'éponge. Rassurez-vous, c'est possible : la lauréate du Prix Nouveau Talent 2015, Clélie Avit, a bouclé son roman Je suis là en seulement trois mois ! Un record ? Peut-être...


Calculons un peu : 300 pages divisé par trois mois, ça fait ? 100 pages. Bien, jusque là, c'est facile. 100 pages divisé par 4 semaines, ça fait ? 25 pages par semaine, bien ! Et 25 divisé par 7 jours, ça nous donne ? Allez, on fronce les sourcils, on se souvient de la table de 7 et surtout de l'outil Calculatrice affiché sur le bureau... Cela donne près de 3,5 pages par jour.

Tout le problème se résoud à cette simple question : êtes-vous capable d'écrire 3 pages et demi par jour ?

Je sais, cela paraît facile en théorie, il faut compter le temps de réflexion sur l'idée du roman, l'écriture du synopsis, le travail de documentation, les fiches personnages, le plan détaillé, les mauvaises pages, les impasses de scénario, la relecture, les doutes, la réécriture de tout ou partie, les coups de ciseaux d'Anastasie, les rouges et verts du correcteur d'orthographe et tous les impératifs qui viendront s'ajouter à vos obligations et autres nécessités de la vie quotidienne !

Eh bien, je paris que tout ceci est possible d'ici le 30 septembre minuit. Nous sommes le 12 juillet 2015, il reste donc 80 jours précisément. Gloups !

Pour un roman de 300 000 caractères, cela donne 3750 caractères par jour. Pour un roman de 300 pages, cela donne 3,75 pages par jour.



Je me sens un peu comme Phileas Fogg qui releva le pari de faire le tour du monde en 80 jours parce qu'il avait lu que c'était possible en suivant les correspondances dans le Morning Chronicles. Le fou !

- Oui, quatre vingt jours ! s'écria, Andrew Stuart, qui par inattention, coupa une carte maîtresse, mais non compris le mauvais temps, les vents contraires, les naufrages, les déraillements, etc.
- Tout compris, répondit Phileas Fogg en continuant de jouer, car, cette fois, la discussion ne respectait plus le whist (...).
- Théoriquement, vous avez raison, monsieur Fogg, mais dans la pratique.... 
- Dans la pratique aussi, monsieur Stuart. 
- Je voudrais vous y voir. 
- Il ne tient qu'à vous. Partons ensemble.
- Le Ciel m'en préserve ! s'écria Stuart, mais je parierais bien quatre mille livres (100 000 F) qu'un tel voyage, fait dans ces conditions, est impossible.

Eh bien, cette fois-ci, ce ne sera pas  100 000 anciens francs, mais  10 000 euros. Ceci vaut bien cela !

Je n'engage évidemment pas ma fortune personnelle, mais mon temps et ma réputation d'auteur, puisque je vous tiendrai régulièrement au courant de mon avancée (ou de mon retard...) sur mon blog.

Dès lors, ce site se transforme en journal d'écriture.

- Le tour du monde en quatre-vingt jours ? 
- Oui. 
- Je le veux bien. 
- Quand ? 
- Tout de suite (...). 
- Ce soir même ? demanda Stuart 
- Ce soir même, répondit Phileas Fogg.

Bien. Il ne me reste plus qu'à trouver mon Passepartout.

Minou minou minou...




Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

A réécouter en postcast : mon interview sur Radio Fidélité

Radio Fidélité, c'est une radio locale qui émet notamment à Nantes, Pornic et Châteaubriant. L'entrée du bâtiment est très discrète, cachée derrière une porte cochère. J'ai eu la bonne surprise de découvrir une véritable bibliothèque dans les murs de la radio. Bref, j'étais chez moi :)
J'ai accepté avec grand plaisir l'invitation de Myriam. Elle savait que j'avais publié un Guide des éditeurs de fiction en 2015, dans le cadre de mes activités au sein de l'association Le Cercle des écritures de Nantes. Comme nous avions beaucoup parlé d'autoédition pour préparer l'émission, je pensais que l'entretien allait tourner autour de cette question, mais l'entretien, très varié, a été l'occasion de parler de mon recueil Les Temps maudits, de l'évolution de ma relation aux lecteurs, ainsi que de l'association des Romanciers nantais, dont je suis également membre (je fais même partie du CA depuis peu).
L'émission a été diffusée le jo…

Qui a tué Willy Wolf ?

Il est parfois étrange de voir comment la réalité rejoint la fiction. Lorsque j'avais écrit "Drapeau blanc", le second récit des Temps maudits, je m'étais documenté sur l'ancien pont transbordeur de Nantes. L'histoire se déroule au début du 20ème siècle. Joseph, un ancien légionnaire, tombe amoureux de Carmen, une trapéziste. Ils vont grimper la nuit sur le pont transbordeur. Ce sera le point culminant de l'histoire mais je n'en dis pas plus.



Or, il se trouve qu'en 1925, un certain Willy Wolf, ancien légionnaire lui-même et acrobate, va monter la nuit sur le pont transbordeur pour effectuer un saut périlleux. Il y aura un accident et son corps disparaîtra dans la Loire...



Cette tragédie a marqué les esprits à l'époque. De nombreuses cartes postales ont circulé, représentant Willy Wolf dans son habit d'acrobate à tête de mort (!).  Stéphane Pajot, écrivain, journaliste à Presse Océan et auteur de nombreux livres sur l'histoire de Nante…

Mon péché mignon : les livres anciens

Seigneur, pardonnez-moi parce que j'ai péché...
Je collectionne les livres anciens. Vous savez, les vieux livres qu'on trouve sur les établis des brocanteurs, ou rangées dans des caisses encore pleines d'araignées dans les vide-greniers.  Ils sentent quelque fois le moisi, leurs couvertures en carton peuvent être abîmées ou tâchées, les pages sont jaunies par le temps, avec quelque fois de jolies rousseurs sur certaines pages.
Je l'avoue, j'aime ce qui est vieux et décrépi, j'aime sentir sous mes doigts le contact pâtinée d'une page qui aura eu d'autres lecteurs, j'aime respirer le parfum du siècle passé, j'aime regarder des photographies en noir & blanc, imprimée par d'étranges machines, sur des pauses extrêment longues, ou toucher du doigt les gravures, parfois protégées d'un voile transparent, comme dans les anciennes Bibles.
Tous les livres anciens ne se valent pas. Certains sont rares avec beaucoup de valeur (essayez de retrouver …