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Quelques pensées pour 2018

2018 vient de pointer le bout de son museau, la bête est petite mais elle ne demande qu'à grossir. Bientôt, elle dévorera l'année entière, comme un gigantesque fromage. Bien malin le renard qui réussira à lui en reprendre un morceau.


Pourtant, réjouissons-nous. Le monde est vieux, la banquise fond, le Glyphosate sera encore commercialisé cinq ans en Europe, mais aujourd'hui, oui, aujourd'hui et chaque jour qui suit, nous sommes une année plus jeunes que l'année prochaine !

Le monde est vieux, mais ses enfants sont jeunes.

Un moratoire vient d'être voté pour empêcher la pêche en Antarctique et permettre aux espèces animales de s'y reproduire, en aviez-vous entendu parlé ? Les bonnes nouvelles existent, il suffit de les chercher.

Mieux encore : les bonnes nouvelles existent, il suffit de les créer.

En tant qu'écrivain, que jeune écrivain devrais-je dire (car je ne suis qu'au début de ma carrière), mes projets s'orientent naturellement vers l'écriture de romans et de nouvelles, quelque soit leur genre. Inventer des histoires, ou s'en inventer, cela veut-il dire que nous ne participons au monde, au réel, que nous ne sommes pas engagés, comme on parle des "écrivains engagés" ?

Au contraire, lorsque j'écris, je fais des choix, je m'implique, je me mets à la place de chacun de mes personnages, j'essaie de mettre le lecteur en situation de comprendre ce que chaque personne dit, ce que chaque personne fait. C'est une œuvre humaniste. Je ne suis évidemment pas le premier. Balzac, Maupassant, Dickens, London, Simenon, faisaient de même.

Dans le domaine du fantastique et de la science-fiction, j'aurais également de nombreux noms à citer, parmi lesquels J. K. Rowling. Selon une étude parue en juillet 2014 dans le très sérieux Journal of Applied Social Psychology, la lecture d'Harry Potter rendrait plus tolérants. Pour ceux qui doutaient des bienfaits de cette littérature...

Si je ne suis pas un écrivain militant, au service d'une cause ou d'un parti, cela ne m'empêche pas d'avoir un regard critique sur notre société. Je ne me sens pas l'âme d'un donneur de leçons alors je m'en abstiens dans mes écrits (mes amis, eux, en feront les frais).

En tant qu'écrivain, mon "regard critique" se reporte sur l'homme, sur ses erreurs, ses excès. Un peu d'ironie dans le texte n'est pas inutile. Il faut savoir rire de soi. Je ne sais pas si la compréhension de ses erreurs suffit pour échapper à la fatalité, mais c'est un début. Une pierre d'achoppement.

Ainsi, dans mon récit Les Temps maudits, j'ai parlé de l'esclavage, de la vieillesse, de la mort, de l'amour et de la rédemption. Il pourrait sembler lassant de répéter ces thèmes ancestraux, mais je crois que l'actualité nous montre que ce que nous prenons pour acquis ne l'est jamais totalement.

Mes prochains textes seront, en ce sens, plus engagés humainement, et, pour moi qui suis mon premier lecteur, plus pertinents, plus piquants, plus vivants.

Je ne vous écris pas cela par hasard. J'ai fait de très beaux rêves pour cette année.

Shakespeare disait : "Nous sommes de l'étoffe dont les rêves sont faits."

Alors faites de beaux rêves pour 2018 !






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