Accéder au contenu principal

Rencontre avec les jeunes illustrateurs de mon premier roman !


C'est l'émotion. Une émotion où se mêlent la fierté, une envie de se faire surprendre et un sentiment d'étrangeté, comme si je m'apprêtais à me regarder avec les yeux des autres...

Jeudi dernier, j'ai rencontré les élèves de l'atelier de dessin Mangabulle, au Lycée La Herdrie à Basse-Goulaine. Les  lycéens travaillent sur le projet d'illustrations pour mon premier roman, Les Temps maudits, qui sera publié courant avril aux éditions Ex Aequo.

En plus de la couverture couleur, leur professeur de dessin leur a demandé de proposer deux illustrations en noir & blanc en choisissant deux textes des trois textes qui composent le roman (il s'agit de trois nouvelles qui se suivent jusqu'au dénouement final). A la fin, seuls quatre dessins seront retenus : un pour la couverture, et un pour chacune des trois parties du récit.

Une douzaine d'élèves de l'atelier Mangabulle étaient présents. J'ai pu voir de nombreuses variations sur les thèmes de mes récits. Nous avons discuté de leurs choix, ils se sont d'ailleurs très bien exprimé, je comprenais mieux leur idée, je pouvais déjà imaginé le dessin terminé. J'ai donné à certains/certaines quelques conseils pour apporter une touche finale à leur œuvre, sans prétention aucune, n'étant pas moi-même capable de dessiner comme ils l'ont fait.

J'ai été étonné de voir qu'aucun des dessins n'était signé. J'y vois là une preuve de leur humilité par rapport à leur travail. J'ai remarqué la même chose en effet chez les auteurs amateurs qui m'envoient parfois une nouvelle pour avis. La plupart n'indiquent pas le nom de l'auteur, comme si celui-ci valait trop de choses, par rapport au texte. Je leur ai demandé de "signer" leur dessin avec un nom ou un pseudo et l'année, comme cela se fait pour n'importe quel professionnel (et aussi pour une question de propriété intellectuelle).

Probablement habitués à travailler sur des thèmes libres, sans projet de publication derrière, la plupart des élèves avaient respecté le format du roman sans tenir compte de la place que prendraient le titre et le nom de l'auteur. Certains ont intégré le titre dans le dessin lui-même, mais le choix d'une police peut être du fait de l'éditeur, et il manquait le nom de l'auteur (c'est-à-dire le mien !).  Cela ne pose pas tant de problèmes que cela, qu'ils se rassurent. Si un bandeau risque de gâcher l'illustration, on peut réduire la taille de 'illustration pour la faire apparaître dans un cadre sous le titre. Tout est possible, sauf une couverture en format "paysage". Il y a plus de libertés pour les illustrations intérieures.

L'une des jeunes illustratrices m'a demandé si je m'attendais à voir certains dessins ? Pas du tout, j'étais venu blanc comme une feuille de papier, prêt à m'imprégner de leur imaginaire. J'étais simplement curieux du résultat. Ma réponse ne les a sans doute pas beaucoup aidés (lol). La seule chose à laquelle je m'attendais un peu, c'était l'utilisation de l'horloge pour "symboliser" le thème du roman, comme me l'avait suggéré une amie graphiste. Ce qui ne présage pas de la suite, évidemment, chacun a son style, chaque idée se défend. J'ai apprécié que certains se basent sur des photographies de l'ancien pont transbordeur de Nantes, qui apparaît dans la deuxième partie, mais j'ai aussi apprécié l'émotion qui se dégageait d'autres dessins, la symbolique du temps qui apparaissait dans d'autres.

Je pense que les dessins "lauréats" seront ceux qui seront le plus abouti : les illustrations en couleur devront posséder des couleurs irréprochables et cohérentes, les dessins noir & blanc devront être repassés au noir (et ne pas être en aplat, c'était précisé dès le départ pour une question d'impression).


La rencontre a eu lieu au CDI

J'ai proposé aux élèves de prendre en photo leur dessin pour voir ce que cela va rendre, surtout pour ceux qui ont plusieurs couches de couleur. La luminosité peut jouer sur les couleurs, la netteté, les contrastes... S'ils en avaient le temps, certains pourraient même améliorer l'illustration par un logiciel de retouches d'images. L'éditeur a souligné que les images devaient être scannées en haute définition (en 600 dpi minimum).

Comme certains n'étaient pas terminés (les élèves s'impliquent en effet dans plusieurs projets, sans compter leurs cours et leurs devoirs !), j'avais demandé un délai, mais l'éditeur a aussi son planning (avec le salon Livre Paris, notamment), et cela aurait reporté trop loin la sortie du roman. Nous sommes donc resté à la date de remise initiale, soit le vendredi 17 mars 2017. Le projet de dessin se termine donc sur un sprint final, j'imagine sans mal l'adrénaline, la pression, la peur de ne pas avoir le temps, la peur de ne pas être aussi "bon" que son voisin, alors que les styles graphiques sont tous simplement différents : plus "graphiques" pour certains, plus détaillés pour d'autres...

Vendredi 17 mars, je recevrai en copie les illustrations et je donnerai mon avis à l'éditeur. En effet, le choix de la couverture fait partie de la compétence commerciale de l'éditeur, c'est à lui de décider ce qui correspond le mieux au genre du roman et à ce qui peut se remarquer dans un rayonnage de librairie, par exemple.

Dans la semaine du 20 au 24 mars, l'éditeur aura sélectionné les lauréats. Leur nom apparaîtra dans l'ouvrage et ils recevront un exemplaire du livre. J'ai prévu de leur apporter personnellement pour leur dédicacer.

L'enthousiasme des élèves pour un projet "concret" donnant sur une couverture qui sera utilisée, imprimée et visible de tous m'a rappelé mon propre sentiment lors de la réponse de l'diteur. En découvrant leur travail, j'ai également eu un avant-goût de ce que sera l'objet-livre que je tiendrai bientôt dans mes mains. Je devine que les futurs lauréats partageront ce sentiment. J'ai hâte de les rencontrer pour leur apporter le résultat de notre travail.

Merci d'avance à tous les élèves de l'atelier Mangabulle, même à ceux qui auront commencé leur dessin mais qui n'auront pas eu le temps de terminer.

Danny M.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Eloge du vouvoiement

Ringard, le vouvoiement ? Le "vous" serait-il condamné à disparaître, comme le panda et l'éléphant d'Afrique ? Reconnaissons-le, le vouvoiement impose d'office une distance, une division des espèces. Il rappelle l'aristocratie, la relation de maître à serviteur. On ne veut plus vouvoyer car on ne veut plus de cette forme d'autorité, des relations à sens unique. On veut communiquer d'égale à égale entre deux amis potentiels, tu1 et tu2. Tu=tu Le tutoiement systématique, la féminisation des mots et le mariage gay sont les trois symboles du changement de paradigme qui s'opère sous nos yeux. Exit la société patriarcale et bienvenu dans le village planétaire. Celui où le personnel côtoie le privé. Où l'intime se donne à voir sur les réseaux sociaux. Les relations sont horizontales, la pyramide sociale a été remplacée par un monde plat. C'est plus simple, c'est plus sympathique, c'est plus rapide aussi. Mais n'a-t-on

Mon péché mignon : les livres anciens

Seigneur, pardonnez-moi parce que j'ai péché... Je collectionne les livres anciens. Vous savez, les vieux livres qu'on trouve sur les établis des brocanteurs, ou rangées dans des caisses encore pleines d'araignées dans les vide-greniers.  Ils sentent quelque fois le moisi, leurs couvertures en carton peuvent être abîmées ou tâchées, les pages sont jaunies par le temps, avec quelque fois de jolies rousseurs sur certaines pages. Je l'avoue, j'aime ce qui est vieux et décrépi, j'aime sentir sous mes doigts le contact pâtinée d'une page qui aura eu d'autres lecteurs, j'aime respirer le parfum du siècle passé, j'aime regarder des photographies en noir & blanc, imprimée par d'étranges machines, sur des pauses extrêment longues, ou toucher du doigt les gravures, parfois protégées d'un voile transparent, comme dans les anciennes Bibles. Tous les livres anciens ne se valent pas. Certains sont rares avec beaucoup de valeur (essaye

Premier jour : l'idée, l'intrigue et ça démarre !

80 jours pour écrire un livre. Première journée. Il a fait beau, pas trop non plus, juste ce qu'il faut pour garder le moral sans avoir envie de partir à la plage. Je suis sorti écrire sur le balcon. J'avais besoin de poser mes idées sur le papier. J'ai hésité entre le stylo et le crayon de bois. J'ai redécouvert il n'y a pas très longtemps le plaisir d'écrire au crayon gris. C'est gras, c'est doux, c'est chaud... mais on a du mal à se relire. J'ai utilisé le stylo. Noir pétrole. Plastique Mou. Même pas froid. Tiède. C'était moins agréable mais je pouvais me relire. Qu'est-ce que j'ai écrit cette première journée ? En fait, j'ai surtout pensé et discuté avec ma compagne (désolé, mesdames !) de mes idées de scénario, du thème du concours. Le thème du courage, c'est joli, mais c'est aussi assez abstrait. Ca bloque un peu quand on ne veut pas écrire un essai mais une histoire, avec des lieux physiques, des personnage